Immersion Nature – Voyage photographique

Immersion Nature – Rapport de voyage photographique

Voyage photographique, naturaliste et ornithologique en Equateur continental et aux Galápagos avec Jean Lavergne et ses amis, du 1er au 17 février 2018

Guide : Pierre Ferron

Une première partie pour découvrir la diversité du nord ouest et des hautes Andes de l’Equateur continental, une seconde partie pour découvrir le parcours qui a mené Charles Darwin à publier sa théorie de l’évolution, c’est ça « immersion nature ».
Un voyage de 17 jours au total ou nous observerons 209 espèces d’oiseaux dont une grande variété d’endémiques, une dizaine de mammifères, d’amphibiens et une cinquantaine de poissons, le tout dans des paysages à couper le souffle.

 

01/02 – Arrivée en Equateur – Quito

Arrivée sur deux vols différents, nous nous rejoignons tous à notre premier Lodge sur la crête du volcan Pululahua pour le dîner et le traditionnel briefing de début de voyage. Ce sont des retrouvailles dans la joie et la bonne humeur pour mon groupe que je découvre mais qui ont eux l’habitude de voyager ensemble.
C’est parti pour une nouvelle aventure pour notre groupe de voyageur, en Équateur cette fois !

Cratère du volcan Pululahua

 

02/02 – Alambi – Vallée de Tandayapa

Nous nous retrouvons avant l’aube pour profiter des premières lueurs pour découvrir ce paysage grandiose qui s’offre devant nous. 12 km de diamètre, 1500m de dénivelé, ce sont les impressionnantes mensurations du cratère du volcan Pululahua.
Nos premières observations ornithologique font place à de nombreuses photos des que la lumière est adéquat. Alors que l’activité bat son plein, tout à coup tout les oiseaux se cachent ! Un faucon aplomado (Falco femoralis) juvénile vient de traverser le ciel juste au dessus de nos tête.
Nous descendons ensuite au Jardin de Alambi, notre prochain site ou nous déjeunons en face des colibris.
La pluie d’après midi nous permettra des photos intéressantes de ces oiseaux pleins de couleurs. Quand une goutte de pluie est l’équivalent d’un verre d’eau sur leur tête, c’est la douche assurée et des supers scènes de vie colibriesques à immortaliser. On s’amuse de l’Ariane à ventre gris (Amazilia tzacatl) qui prend sa douche allègrement alors que nous restons à l’abri pour la photographier.
La météo du jour nous décide à monter un peu plus tôt à notre prochain Lodge ou nous passerons la nuit.

Haut-de-chausse à palettes

 

03/02 – Tandayapa – Bellavista Cloudforest

Nous nous dirigeons à la lueur de nos lampes de poches vers un des affuts du Lodge de Tandayapa.
Bien content d’être abrités, les premiers oiseaux matinaux arrivent. L’affût permet d’observer des Alapis immaculés (Myrmeciza immaculata) à moins d’un mètre alors que ces oiseaux sont difficiles à observer lors des balades sur les sentiers.
Après le petit déjeuner nous nous concentrons sur les colibris en remplaçant les abreuvoirs par des fleurs pour obtenir de meilleurs photos. Le haut-de-chausse à palettes (Ocreatus underwoodii) et le Sylphe à queue violette (Aglaiocercus coelesti) seront les stars de la matinée.
Dans l’après midi, la pluie qui ne veut pas partir ne nous empêche pas de parcourir les sentiers de Bellavista. Un groupe de 5 toucans montagnards (Andigena laminirostris) à la fin du sentier nous occupe alors que nous sommes en plein dans le nuage… de la forêt des nuages !
Après le dîner nous attendons sagement l’olingo des brumes (Bassaricyon neblina) et il ne se fera pas attendre longtemps. Un premier individu arrive, malheureusement porteur d’un collier GPS. Pour nous photographes c’est toujours dommage d’avoir ce genre d’appareil au cou de notre sujet. Vient ensuite le kinkajou (Potos flavus) pour mes passagers qui souhaitaient voir des mammifères, c’est une excellente occasion d’observer ces deux espèces aux similitudes frappantes, et de pouvoir voir comment les différencier.
Après quelques dizaines de minutes sans activité, ce n’est pas un mais deux olinguitos qui apparaissent. Enfin un olinguito sans collier pour pouvoir faire de meilleurs photos.

Barbacou à face blanche (Hapaloptila castanea)

 

04/02 – Bellavista

Une acalmie le matin nous permet de profiter des observations autour du Lodge avant le petit déjeuner. Nous parcourons ensuite les sentiers de Bellavista jusqu’au mirador mais malheureusement les nuages montent et nous nous retrouvons vite dans la brume. Voici de belles ambiances dans la forêt qui prend toutes ses nuances de verts.
L’après midi, alors que la séance photo des colibris bat son pleins avec plus d’une vingtaine d’individus autour des fleurs, tous les colibris partent dans un fatras effrayé : un carnifex barré (Micrastur ruficollis) vient de passer entre les arbres en planant !
Le soir venu nous repartons à la recherche de mammifères nocturnes, nous avons encore une fois la chance d’observer a la fois l’olingo et le kinkajou.

Colibri flavescent (Boissonneaua flavescens)

 

05/02 – Paz de los Aves

Direction le refuge de Paz de las Aves où nous commençons la matinée avec le fameux lek de coqs de roche (Rupicola peruvianus). La lumière met du temps à arriver mais heureusement les coqs de roches sont actif assez longtemps pour permettre de les prendre en photo. Ensuite aux mangeoires nous pouvons observer un piranga vermillon (Piranga frubra) avec son plumage changeant, il termine de prendre des forces pour sa migration printanière vers le Nord.
Puis nous descendons vers la partie basse du choco. Une éclaircie nous permet quelques observations près de bassins de pisciculture et nous reprenons la route vers notre lodge.
Le soir nous avons la chance d’observer un couple de tatou à neufs bandes (Dasypus novemcinctus) juste à côté de la cuisine de nos hôtes.

Grallaire ocrée (Grallaricula flavirostris)

 

06/02 – Silanche

Ce matin la pluie est encore présente et après un court passage à la tour d’observation de Silanche nous décidons de changer le programme de la journée pour maximiser les chances de prises de vues.
Nous revenons donc au Lodge où nous raisons une séance de photos avec les papillons. C’est en fait un moment très bien choisi car nous assistons à de nombreuses naissances, dont une nouvelle espèce de caligo pour le propriétaire de la serre aux papillons : le caligo atreus
Une accalmie de fin de matinée nous permet d’observer deux groupes de Ramphastidae : des toucans du choco (Ramphastos brevis) et des araçaris à bec clair (Pteroglosus erythropygius).
Après le déjeuner nous profitons du temps qui se maintient pour retourner à la tour d’observation de Silanche pour des observations à hauteur de canopée, dont les deux espèces de Tityres : un couple de Tityre à tête noire (Tityra inquisitor) et un couple de Tityre masqué (Tityra semifasciata). La pluie reprend et nous retournons au Lodge pour compléter nos observations depuis la terrasse des bungalows.

Serre à papillon de la Quinta de Goulaine

 

07/02 – Suamox – Antisana

Dernier passage à la serre aux papillons avant de reprendre la route vers notre réserve la.plus basse en altitude : el rancho suamox. Ici nous observons quelques espèces complémentaire du choco comme le Tangara obscur (Mitrospingus cassinii) et le colibri féerique (Heliothryx barroti).
Après le déjeuner nous remontons toutes les Andes occidentales et traversons à vallée inter-andine pour rejoindre notre prochain Lodge.
Juste avant d’arriver nous nous arrêtons au mirador Isco pour observer le retour au nid des condors. Les caracara caronculés (Phalcoboenus carunculatus) viennent embêter les buses aguias (Geranoaetus melanoleucus) en vole et les forcent à rebrousser chemin. Après une quinzaine de minutes un grand rapaces aux ailes blanches apparait, c’est le condor des Andes (Vultur gryphus). Il se pose sur la falaise, puis repars, puis se pose de nouveau, puis repars encore avant de rejoindre son nid pour la nuit.

Sur les sentiers de Suamox

 

08/02 – Volcan Antisana – Tababela

Grand soleil ce matin !
Nous avons un point de vue imprenable sur l’avenue des volcans en montant à la réserve de l’antisanilla ou nous attendons patiemment les condors des Andes. Seuls une femelle juvénile et un mâle adulte se montrent ce matin mais les buses aguia qui passe régulièrement nous donnent quelques belles images.
Nous montons ensuite sur les hautes plaines de l’Antisana qui reste découvert et nous émerveille par ses impressionnants paysages. En redescendant nous faisons une pause à Tambo Condor pour compléter la collection de colibris d’altitude, puis direction l’hacienda La Jimenita ou nous passons la nuit.

Les hauts plateaux de la réserve Antisana et Antisanilla

 

09/02 – Tababela – Aéroport de Quito – Galápagos – Playa Bachas

Le ciel est toujours dégagé pour notre vol vers les Galápagos et nous avons de belles vues aériennes des volcans Cayambe et Antisana. Des l’arrivée aux Galápagos nous sommes accueillis par l’incroyable biodiversité de l’île en attendant notre bateau. Depuis le ponton nous observons les thons jaunes (Thunnus albacares) qui chassent, les noddis bruns (Anous stolidus) qui passent derrière en espérant attraper leurs parasites, et deux otaries qui se reposent à l’ombre du ponton.
Après le déjeuner nous débarquons sur la plage de Las Bachas pour une première introduction au monde insulaire de l’Equateur. Les premiers pinsons apparaissent et avec eux la difficulté pour les différencier, le gros plan sur le bec sera l’indice principal !
Nous remontons ensuite sur le bateau pour le dîner puis une nuit de navigation vers l’île de Genovesa.

Daphné Mayor depuis la plage de Las Bachas

 

10/02 – Ile Genovesa

Alors que les premières lueurs apparaissent nous entrons dans le cratère de Genovesa en bateau. Sur le site des « marches du prince Philippe nous observons une grande quantité de fois à pieds rouge. Le guide local nous met au défi de trouver un hiboux des marais (Asio flammeus), il n’en fallait pas moins pour aiguiser l’œil de nos photographes-ornithos aguerris et nous n’en trouvons pas moins de 7 !
Sur la plage de la baie de Darwin, nous voyons enfin notre première mouette obscure (Leucophaeus fuliginosus), une des espèces endémiques des Galápagos.
Dans la nuit nous naviguons vers notre prochaine : l’île Bartolomé.

Le hiboux des marais guette son petit déjeuner

 

11/02 – Ile Bartolomé – Santiago (baie de Sullivan)

Nous montons au sommet de l’île Bartolomé avec une magnifique lumière dans un paysage quasi lunaire. Une fois au sommet nous avons accès au plus fameux paysage des Galápagos. Sur la plage Sud nous observons une tortue verte (chelonya midas) qui vient pondre des œufs. Ce n’est pas vraiment la bonne heure pour elle car d’habitude elle fait ça de nuit, et d’ailleurs elle retournera à la mer sans faire son nid.

Manchot des Galápagos (Spheniscus mendiculus)

L’après-midi nous marchons sur un champ de lave de l’éruption de 1910 et observons les étranges formes créés par la lave, puis lors de la sortie aquatique nous avons un nouvel aperçu de la faune marine du coin dont un requin à pointe blanche qui tourne dans le fond sableux.
Lors du retour vers le canal d’Itabaca, nous avons la chance d’être accompagné par un grand pod de Grands Dauphins (Tursiops truncatus) d’une centaine d’individu qui nous régale même quelques sauts, un moment magique !

Raies mobulas en plein saut

 

12/02 – Ile Plaza sur – Ile Santa Fé

Découverte de l’île Plaza sur et sa végétation particulière de sesuvium. A peine à terre et nous sommes accueillis par une bande d’otarie juvéniles jouant dans leur piscine sous l’œil attentif des parents qui les tiennent éloignés des requins des Galápagos (Carcharhinus galapagensis).

Iguane terrestre des Galapagos (Conolophus subcristatus)

En haut de la falaise, nous faisons une courte séance de photo de puffin des Galápagos (Puffinus subalaris) en vol. Pas facile car ces oiseaux filent avec le vent mais un petit truc de photographe averti nous permet d’en sortir quelques bonnes images.
Nous nous dirigeons ensuite vers l’île de Santa Fe où nous aurons nos activités de l’après midi, en route nous traversons une aîné en pleine met ou se reposent une trentaine de tortues qui restent en surface à prendre le soleil.
Pendant la séance aquatique nous suivons un groupe de raies léopard (Aetobatus narinari) et admirons leur vol sous-marin. Puis les bébés otaries sur la plage attendrissent tout le monde.

Iguane terrestre de l’île de Santa Fe (Conolophus pallidus)

 

13/02 – Ile San Cristobal – Ile Lobos

Sortie aquatique matinale autour de Leon Dormido, nous sommes à la recherche des requins qui rentrent de leur nuit de chasse. Puis nous débarquons sur la plage près du Cerro Brujo à la recherche de quelques oiseaux endémiques. Le soleil peine à pointer le bout de son nez et les iguanes restent sur la plage à se réchauffer, nous n’auront pas la chance de nager avec eux.

Requin pointe blanche (Carcharhinus albimarginatus)

L’après-midi commence bien car nous nageons près d’une colonie d’otaries et les petits sont très joueurs. Elle se termine bien également car un couple de fous à pieds bleus nous régale d’une parade qu’on observe pendant plus de dix minutes. Nous avons le droit au spectacle complet : sifflement, sky pointing, offrandes de brindilles, démonstration de pieds, etc. Tout le monde en reste bouche bée.

Otarie des Galápagos (Zalophus wollebaeki)

 

14/02 – Ile Española

L’ile d’Española nous accueil avec ses iguanes marins beaucoup plus colorés et une belle lumière de levé du jour. Sur le sentier nous sommes attentif aux Géospizes endémiques de cette île. Les fous de Grant nourrissent leurs petits, les iguanes matins sont en parades, la buse passe au dessus de nos têtes, beaucoup d’activités sont observées !

Iguane marin

Le snorkeling dans la baie de Gardner commence bien avec un banc d’une quarantaine de Mourine du Pacifique (Rhinoptera steindachneri). Nous cherchons ensuite les requins à pointe blanches qui se reposent dans des grottes ou sous de gros rochers.
Lors de la sortie libre sur la plage, une raie (Torpedo marmorata) se donne en spectacle en venant s’alimenter à quelques mètres de nous juste où se cassent les vagues.
Nous naviguons de nuit vers notre prochaine destination, l’ile de Floreana.

Géospize gris (Certhidea fusca), un des « fameux pinsons de Darwin »

 

15/02 – Ile Floreana et ile Santa Cruz

Débarquement aux aurores sur la pointe « Punta Cormorant » pour découvrir la faune de l’ile de Floreana, une des quatre iles habitées . Nous allons directement sur la plage à l’est de la pointe pour chercher des tortues marines venant pondre, et effectivement elles sont au rendez-vous, deux tortues sont en train de redescendre de la plage pour retourner à l’eau après une dure nuit. Au retour nous nous arrêtons sur la lagune pour observer les flamants des Caraïbes (Phoenicopterus ruber), seule espèce de flamants présente aux Galápagos.
Nous faisons ensuite une dernière session aquatique sur la couronne du diable. A peine mis à l’eau une raie manta (Manta birostris) passe sous nos pieds, de quoi nous réchauffer par quelques émotions. Nous faisons ensuite le tour complet du site, cherchant les requin qui se reposent après leur nuit de chasse. Nous verrons même un poulpe en train de taquiner un poisson.
Après le retour sur le bateau, nous mettons le cap sur l’ile de Santa Cruz.
L’après-midi, nous écourtons la visite du centre Charles Darwin pour aller à la ferme de El Chato et observer les tortues géantes dans leur environnement naturel.
L’équipage de notre bateau nous réserve un apéro pour notre dernier soir sur la croisière.

Flamants des caraïbes

 

16/02 – Ile Seymour Norte et retour à Quito

Dernière visite ce matin sur l’ile de Seymour Norte ou nous restons ébahis une fois de plus devant les fous à pieds bleus en pleine parade. Danse, marche, sifflements, on ne s’en lasse pas ! Les lumières du début de matinée nous permettent de belles prises de vue pour cette dernière sortie sur une des iles de l’archipel.
Nous nous dirigeons ensuite vers l’aéroport de Baltra pour notre vol retour vers Quito.
En fin d’après-midi nous arrivons dans la capitale équatorienne pour une nuit bien méritée et pleines d’images de cette croisières.

Dernières photos sur l’ile de Seymour Norte

 

17/02 – Wikiri Jambatu

Ce matin nous allons visiter le centre Jambatu qui est investi dans la conservation des amphibiens équatoriens. Nous découvrons différentes familles d’anoures ou nous nous émerveillons des couleurs de ces animaux si difficiles à voir dans la nature.
Une partie importante, non pas en temps mais en intérêt, est celle dédiée à la fameuse « grenouille Jambatu » (Atelopus ignescens), symbole de l’extinction massive des anoures dans les années 80 et qui a été redécouverte presque 30 ans après avoir vu le dernier spécimen.

Centre Wikiri – Jambatu

Dans l’après midi un premier groupe prend la direction de l’aéroport pour leur vol retour vers Amsterdam pendant que le reste visite le jardin botanique de Quito et un marché artisanal. Puis en fin d’après midi les deux derniers passagers prennent à leur tour la direction de l’aéroport pour un autre vol à destination de Madrid.

C’est l’heure des derniers au revoir après ces 17 jours bien remplis en émotions.
Les cartes mémoires des appareils photos sont pleines, de quoi occuper les soirées d’hiver.
Une choses est sûr, tout comme les oiseaux sur les photos, tout le monde à les yeux qui brillent.

 

Par Pierre Ferron, guide spécialisé pour vos voyages photographiques en Equateur