Laissons la terre se reposer, #RestezChezVous

Laissons la terre se reposer, #RestezChezVous

Je ne peux pas sortir de chez moi ? je suis confiné ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Que vais-je bien pouvoir faire maintenant ?

Ce sont certainement quelques-unes des questions qui hantent votre esprit ces jours-ci. C’est une situation assez nouvelle à laquelle nous sommes encore en train de nous adapter.

Le confinement est un isolement forcé, pendant une période déterminée, en raison de l’occurrence d’une maladie virale, qui se produit sous surveillance et qui vise à limiter le risque d’une éventuelle propagation.

Ce terme, qui évoquait encore hier un film de science-fiction, est aujourd’hui devenu une réalité. Ainsi, nous sommes actuellement, en Équateur et dans plusieurs pays du monde, enfermés chez nous dans une situation à laquelle il faut faire face. La pandémie du coronavirus nous fait cogiter et repenser certains aspects de nos vies que nous aurions cru impossibles auparavant.

Cette quarantaine imposée pour la « survie de l’humanité », nous a plongé dans une expérience à la fois mentale et physique.

Cependant, elle a également ouvert les portes de la solidarité et de la créativité en vue de s’épanouir. Les cours d’anglais en vidéos, le yoga et les concerts de musiques en ligne, les visites interactives de musées, les bibliothèques virtuelles, les activités pour enfants et adultes, sont quelques-unes des alternatives proposées afin de survivre à l’enfermement et à l’ennui.

Les loisirs digitaux sont un excellent moyen pour passer le temps et l’ennui. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons vous en présenter afin que vous puissiez profiter de la faune et de la flore sans quitter votre domicile.

L’organisation « Aver Aves » (observons les oiseaux) a créé un jeu, qui ne nécessite aucune application, afin que les amoureux de la nature ne l’oublient pas et puissent continuer à profiter de la beauté des oiseaux.

Photo:Le chant du Cardinal à tête jaune (Pheucticus chrysogaster) s’entend désormais plus fréquemment dans les jardins de Quito.

Comment jouer ?

C’est très simple ! Il suffit de sortir sur votre balcon, de scruter votre jardin ou de vous asseoir sur le bord de la fenêtre en regardant le ciel en cherchant les oiseaux qui volent autour de vous. Une fois que vous les avez localisés, prenez une photo d’eux et partagez-la sur Twitter avec l’hashtag #Avesdesdecasa. Des jumelles et un guide de reconnaissance d’oiseaux vous aideront à identifier chaque espèce, et si vous posez vos questions en ligne, les internautes vous répondront rapidement.

La faune nous entoure quotidiennement, elle est toujours présente, silencieuse et attentive. Les êtres humains, peu conscients de cela, ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de pouvoir vivre avec eux. Le confinement et les restrictions qu’il a induites ont permis de réduire la pollution atmosphérique, lumineuse et sonore, ainsi que la présence et les déplacements humains. Cela nous a ouvert des portes pour apprécier ce que nous n’avons parfois pas le temps d’observer et d’écouter.

C’est le cas actuellement, où l’observation des oiseaux dans notre environnement, quelques jours après le début des restrictions de déplacements, est devenue beaucoup plus facile dans les grandes villes comme celle de Quito où les chants matinaux des oiseaux ont retrouvés leur espace, enveloppant le nouveau silence urbain.

Photo:Le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) est très répendu en Amérique latine. En Equateur, il est présent de la vallée inter-andine jusqu’à la cordillère des Andes à 3800 mètres d’altitude. Photo de Xavier Amigo

Jorge Rico, fondateur du jeu, encourage tout le monde à participer à cette activité et à partager ses découvertes ; car il s’agit non seulement d’une forme de divertissement, mais aussi d’un échange de connaissances sur les différentes espèces et leurs environnements comme les zones où elles se trouvent, les tendances, etc.

Si vous êtes un participant actif et que vous souhaitez contribuer à ce projet de science participative, vous pouvez télécharger vos données sur la plateforme de science citoyenne « Ebird » afin de partager vos résultats. Les nouvelles listes seront certainement moins diversifiées qu’auparavant mais tout aussi intéressantes en termes de suivi de la population.

Ce jeu vous permettra de vous envoler et vous aidera à rendre l’enfermement plus agréable. Redécouvrez votre environnement, vous serez étonnés du nombre d’oiseaux que vous pouvez trouver.  Restez chez vous et commencez à jouer dès maintenant !

Photo:A Quito, durant la période des migrations, il y a de bonnes opportunités pour observer les oiseaux migrateurs comme la très rare Paruline à flancs marron (Setophaga pensylvanica) . Photo de Xavier Amigo.

Par Alejandra Boada, routarde et amoureuse de la faune et flore.

Traduit par Martin Leberger, marcheur d’éternel.