Le Pittasome à sourcils noirs

Le Pittasome à sourcils noirs (Pittasoma rufopileatum)

Derrière ce nom barbare se cache un surprenant petit oiseau de la famille des Conopophagidae, venez le découvrir avec nous à travers l’article de Neotropical Birding Magazine.

Couverture du magasine Neotropical Birding numéro 24

Couverture du magasine Neotropical Birding numéro 24

 

Autrefois classifiée dans la famille des grallaires (Grallariidae.), c’est définitivement dans la petite famille des Conopophagidae que le genre Pittasoma a été placé. Cette famille du nouveau monde, comprend aujourd’hui 11 espèces d’oiseaux, séparés en deux genres différents, tous localisées dans les forêts et bois humides à semi humides mais aussi dans les forêts de bambou, des zones tropicales et subtropicales d’Amérique du sud et centrale. Le Pittasome à sourcils noirs, en particulier, a la distribution la plus méridionale des deux espèces de Pittasoma. Elle est, de plus endémique de la bio région du Chocó (localisé entre le nord-ouest de la Colombie et le sud-ouest de l’Équateur). Son aire de répartition est relativement réduite, et soumise à des pressions extrêmement fortes de déforestation. Ce qui la rend d’autant plus fragile.

Distribution du Pittasome à sourcils noirs entre l’Equateur et la Colombie

 

Tout comme les Grallaires, les Alapis, les fourmiliers, les Conopophages et les Grisins notre Pittasome, a un comportement extrêmement furtif. Insectivore par excellence, il cherche son alimentation depuis le sol ou à quelques mètres de hauteur, où il inspecte la végétation denses et lianescente, a la recherche de ses proies. La densité végétative de ces écosystèmes combiné au manque de lumières et à la faible densité de ces individues font qu’il est en général très difficile de les approcher et de les observer, ne parlons pas de les prendre en photos… toute une aventure.

Les ambiances de forêt que le Pittasome apprécie

 

Avec trois sous-espèces reconnues, le plumage, assez cryptique, présente des variations sexuelles et raciales considérables. Même si toutes les variations de plumage, sont étonnamment attrayantes et impossibles à confondre, quand l’oiseaux est immobile au cœur du massif forestier, le « spoter » reste tout un art, dans lequel les guides locaux excellent.  Il sont d’habitude bien plus souvent entendus que vues.

Chez les deux sous-espèces, la couronne de la tête est en grande partie rousse (surtout chez la race nominale), interrompue par un large sourcil, noir et effilé qui atteint la nuque, tandis que la gorge est ocre légèrement ponctuer de noir. La poitrine est largement barrée pale et noire. Le manteau légèrement écaillé et les grandes couvertures orné d’un point blanc terminal. Tout comme chez les Antpittas, ils ont de longues jambes, une posture droite et une queue très courte qui peuvent être presque entièrement masquées par leurs ailes. Cette posture et adaptation est typique des insectivores de sous-bois, qui grâce a leur bec fort et pointue fouissent le sol à la recherche de larves, coléoptères, hyménoptères et autres invertébrés à la surface de la litière.

On peut apprécier les longues pattes du Pittasome

 

Actuellement considérée comme quasi menacée et vulnérable selon les pays, notre Pitassome a sourcils noirs, subit la dégradation continue de son habitat et a besoin d’études approfondie pour documenter plus en détails sa reproduction, son comportement et sa stratégie d’alimentation.

Dans la petite réserve de Mashpishungo, en plein cœur du Choco équatorien, une petite plantation de chocolat artisanal et complètement bio, fait parler d’elle depuis quelques temps. Ce n’est pas seulement parce que ce chocolat est le meilleur du pays (je vous le dit comme grand amateur), mais aussi parce qu’elle est devenue l’endroit privilégié d’observation de ce petit oiseau à la silhouette arrondie et au déplacement si curieux. Alejandro Solano, propriétaire de la réserve, en s’inspirant de la technique développée par Angel Paz, attire tous les matins cet oiseaux au comportement, normalement, si farouche, pour le plus grand plaisir de ses visiteurs, observateur et photographe animalier. En suivant quotidiennement cet oiseau de nombreuse donnée importante pourront être recueillir afin de mieux le comprendre pour mieux le protéger. Une nouvelle marque de tourisme responsable, alliant le développement local, la recherche scientifique et la conservation.

Les observateurs et photographes sont ravis

 

Nature Experience est fier d’avoir participé à l’article sur le fameux « Shunguito », la nouvelle star de la réserve Mashpi Shungo.

Retrouvez l’article complet en téléchargement ici : NB24-BS1-MashpiShungo

Pour le plus curieux qui aimeraient vivre cette expérience en chair, accompagné de nos guides ornithos spécialisés, nous vous proposons de regarder nos différents circuits spécialisés ou de prendre contact avec un de nos représentant.

Par Xavier Amigo, votre guide ornithologique qui aime aussi le chocolat de la réserve de Mashpi Shungo

 

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