Parc National Farallones de Cali, 50 ans de conservation !

Le 15 juillet 1968 commençait une grande aventure avec la création de ce qui deviendrait le plus grand parc national du sud ouest colombien, celui des Farallones de Cali couvrant aujourd’hui 196.429 hectares, bien qu’au départ il était de beaucoup plus petite taille. Sa constitution visait à la base à protéger les ressources aquifères qui alimentent Cali, la troisième ville du pays, mais aussi la flore et la faune de cette région rurale ainsi que le patrimoine paysager. Par ailleurs, 30 rivières alimentant la région y prennent leur source.

 

Photo 1 : Vue sur le Parc National Farallones de Cali depuis le versant oriental

 

Pour comprendre la richesse de cet oasis de biodiversité, il faut se rendre compte que cette zone protégée inclut de nombreux écosystèmes tels que la forêt tropicale super humide de basses terres, la forêt de transition, la forêt de brouillard d’altitude ainsi que le paramo, équivalent tropical des zones alpines des climats tempérés au delà de 3000 m anm.

Sur le versant oriental de la cordillère occidentale des Andes, le parc s’étend de 1450 m d’altitude jusqu’aux pics situés vers 4100 m anm. Mais, côté occidental, les pentes redescendent abruptement des sommets jusque 200 m anm, presque jusqu’à l’Océan Pacifique, soit un dénivelé de 3900 m d’altitude !

De plus, le versant côtier fait partie de la région appelée “Chocó biogéographique”, une des plus humides et des plus biodiversifiées au monde. Ceci, combiné aux variations d’altitudes et aux reliefs complexes, crée une multitude de microclimats propices à l’explosion de la vie sauvage.

Photo 2: Diversité végétale dans une forêt de brouillard du Parc National Farallones de Cali

 

Curieusement, peu d’études approfondies ont été menées pour recenser toutes cette richesse, en partie suite au conflit qui régna dans la zone pendant des décennies. Maintenant que la paix est revenue, et que les explorations peuvent reprendre leur cours, les connaissances commencent à se peaufiner.

Par exemple, une étude récente a démontré que plus de 540 espèces d’oiseaux fréquentent la région du parc national, soit environ 28 % de l’avifaune de la Colombie, pays le plus riche en oiseaux au monde soit dit en passant.

Et en ce qui concerne les orchidées, et la flore globale du parc national, respectivement 91 et 766 espèces ont actuellement été recensées, chiffres un peu risibles si l’on sait que j’ai déjà pu observer près de 200 espèces d’orchidées, seulement du côté oriental du parc et dans les zones rurales connexes. Par conséquent, une estimation de 450 espèces d’orchidées présentes dans le système montagneux des Farallones de Cali est tout à fait réaliste. Cela représenterait près de 10 % de toutes les orchidées du pays, la Colombie étant la aussi la contrée la plus diversifiée dans cette famille de plante !

Photo 3: Phragmipedium anchicayense, nouvelle orchidée du parc national décrite en 2015

 

Malheureusement les menaces pèsent sur cette région, comme sur beaucoup d’autres en Amérique latine.

L’expansion urbaine non contrôlée, le tourisme massif désordonné et non conscientisé, l’exploitation minière et forestière illégale, l’extraction de flore et de faune sauvages sont autant de dangers pour ces forêts tropicales ainsi que leur biodiversité.

L’idéal serait que le tourisme de nature apporte une partie des ressources nécessaires aux communautés locales pour motiver la conservation de ce joyau de la nature que constituent les Farallones de Cali. Nous vous y attendons avec Colombie Experience !

Photo 4: Aotus lemurinus, singe nocturne menacé présent dans le parc national.

 

Par David Haelterman, votre guide naturaliste en Colombie

Crédit photo : David Haelterman